
Chers frères et sœurs,
En cette fête de la Pentecôte, la Parole de Dieu nous montre deux récits différents du don de l’Esprit Saint. Dans l’Évangile, Jésus ressuscité souffle sur ses disciples et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint ». Et dans les Actes des Apôtres, cinquante jours plus tard, l’Esprit descend avec bruit, vent et feu. Contradiction ? Non. Ces deux récits nous montrent deux aspects d’un même mystère.
Dans l’Évangile, les disciples sont enfermés, apeurés, perdus. Jésus vient au milieu d’eux, leur donne la paix, la joie, et souffle doucement sur eux. L’Esprit Saint agit souvent comme cela : discrètement. Il vient rejoindre nos blessures, nos peurs, nos enfermements. Il remet de la vie là où nous sommes fatigués, découragés ou bloqués.
Dans les Actes des Apôtres, c’est tout l’inverse : il y a du bruit, du mouvement, du feu ! L’Esprit pousse les disciples dehors. Il rassemble des hommes différents et en fait un seul peuple. Là où les hommes construisent des murs, l’Esprit crée la communion.
Peut-être pouvons-nous alors demander deux grâces en cette fête de la Pentecôte :
D’abord une grâce personnelle : dans quel domaine de ma vie ai-je besoin que l’Esprit Saint vienne souffler ? Quelle blessure ai-je besoin de lui confier ? Quelle peur, quelle tristesse, quel péché a besoin d’être éclairé et réchauffé en moi ?
Et puis aussi une grâce ecclésiale. Nous regardons parfois l’Église d’un regard seulement humain : ses limites, ses pauvretés, ses péchés. Et cela devient parfois un prétexte pour rester loin, pour ne pas vivre pleinement des sacrements, pour ne pas nous engager dans la paroisse… Pourtant, même si elle est formée de personnes humaines et fragiles, l’Église est sainte ! Elle est le lieu où l’Esprit Saint nous rassemble et nous donne la vie de Dieu, spécialement dans l’Eucharistie et dans les autres sacrements. Ne passons pas à côté de cela, c’est bien trop important pour progresser dans notre vie avec Dieu !
Demandons alors au Seigneur de renouveler en nous l’amour de l’Église, l’amour de la messe, de la confession, des autres sacrements et, également, la joie d’être un seul peuple, un seul corps, habité par le même Esprit.
Don Séverin