Notre Dame du Rocher

VIIᵉ DIMANCHE DU TEMPS DE PÂQUES

VIIᵉ DIMANCHE DU TEMPS DE PÂQUES

Le VII dimanche du Temps pascal nous place dans une étrange attente.
Le Christ est monté vers le Père. Il a promis l’Esprit Saint… mais Il n’est plus là, physiquement, avec ses disciples. Et même si la promesse a été faite, il peut être difficile d’y croire pleinement lorsque le monde demeure marqué par le malheur, la souffrance et l’injustice.

L’Église attend donc. Les Apôtres attendent. Marie, les femmes et les frères attendent...
Et pourtant, un premier pas a déjà été accompli : « ils ont gardé ta Parole ». Si nous sommes réunis ce dimanche, c’est sans doute que, nous aussi, nous avons gardé la Parole du Christ. Peut-être avec ferveur, peut-être avec fragilité, parfois même dans le doute. Mais nous sommes là.

L’Évangile nous fait entendre aujourd’hui la grande prière « sacerdotale » de Jésus. Le Christ prie pour ceux que le Père lui a donnés. Il les prépare à recevoir l’Esprit Saint. Et après l’Ascension, l’Église naissante se rassemble autour des Apôtres au Cénacle : « tous, d’un même cœur, étaient assidus à la prière ».
Sans le savoir encore, ils vivent là les premiers moments liturgiques « autonomes » de l’Église. Lorsque Jésus était avec eux, ils montaient au Temple pour prier les psaumes. Désormais, ils apprennent à prier en Église, avec l’institution naissante, qui apprend elle aussi à unir la liturgie et le cœur.

« D’un même cœur » : cela évoque la prière commune, mais aussi l’authenticité du cœur tourné vers Dieu. Voilà un appel pour nous aujourd’hui : redécouvrir la prière de l’Église. Bien sûr, il y a la messe, source et sommet de notre vie chrétienne. Mais il y a aussi la Liturgie des Heures, que le concile Vatican II souhaitait voir davantage partagée avec tous les fidèles. Les complies par exemple avant de dormir, facilement accessibles sur les applications ou dans les missels de semaine, permettent de prier avec l’Église du monde entier, d’un seul cœur. Le chapelet aussi, ce « psautier des pauvres », nous fait prier avec la Vierge Marie d’une seule âme, en communion avec le Pape et ses intentent, avec toute l’Église du monde entier.

Apprenons chers amis, à faire nôtre enfin cette parole du psaume :
« J’ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche : habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie. »

Alors nos souffrances inévitables ne seront plus seulement les conséquences absurdes de la fragilité humaine ou des aléas de l’existence. Elles pourront être vécues en communion avec le Christ crucifié pour nous. Pourquoi souffrons-nous ? Personne ne peut répondre totalement à cette question. Mais l’espérance peut jaillir jusque dans nos épreuves si nous demeurons attachés au Seigneur, si nous cultivons le désir — ou au moins le désir de désirer — habiter sa maison tous les jours de notre vie… éternelle !         

Publié le 15/05/2026