
Le Christ unique Pasteur
D’après les exégètes, dans l’Ancien Testament, le titre de pasteur n’est donné à Yahvé qu’en quatre passages, dont le psaume 23. Ce titre semble donc réservé à Celui qui doit venir. Cependant, même lorsque ce titre n’est pas appliqué directement à Yahvé, la relation de Dieu avec son peuple est souvent décrite comme celle d’un berger avec son troupeau. Dieu confie cette mission à ceux qu’il choisit : ce fut le cas de Moïse et des rois d’Israël. Mais lorsque ces bergers ont été infidèles à la Loi, leur pastorat a disparu. Cette infidélité annonçait aussi la venue d’un nouveau David, le vrai pasteur selon le cœur de Dieu : « Je susciterai pour elles un pasteur unique qui les fera paître » (Ezéchiel 34,23). Il appartient donc au disciple de reconnaître en Jésus ce Bon Pasteur annoncé et attendu.
Dans l’Évangile de ce dimanche, Jésus dénonce l’attitude de ceux qui se sont faits eux-mêmes porte du Salut, en se présentant comme les véritables pasteurs du peuple. Pour Israël, la porte de l’Alliance était la Loi donnée par Dieu à Moïse. Pourtant, certains pharisiens, voulant atteindre la perfection ou mieux comprendre la volonté de Dieu, se sont attribué eux-mêmes ce rôle de guide selon leurs propres idées. Jésus leur reproche sévèrement cette attitude : «Vous avez annulé la parole de Dieu au nom de votre tradition ! Esprits faux ! Isaïe a fait une bonne prophétie sur vous quand il a dit : “Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. Il est inutile le culte qu’ils me rendent ; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains.” » (Mt 15,6-9).
Cette tentation existe encore aujourd’hui. Il est facile de penser que notre manière personnelle de vivre la foi serait, à elle seule, la vraie porte du Salut. Notre vie chrétienne peut parfois ressembler à cette « escalade par un autre endroit » dont parle le Christ. Dans un monde où chacun affirme sa propre vérité, nous sommes appelés à témoigner que celui qui nous rassemble et nous conduit, avec nos pasteurs, c’est le Christ. Il est tout à la fois la porte par laquelle on entre dans la vie éternelle, le gardien qui nous ouvre, et le pasteur qui nous guide. Certains pourraient dire que cela fait de nous des moutons. Pourtant, le Christ nous appelle ses brebis. En effet, comme la brebis porte la vie et donne le lait, nous portons en nous la vie de Dieu par la grâce et les sacrements, et nous pouvons offrir aux autres le lait de la Parole de Dieu et de la prière.
« Ouvrez-moi les portes de justice : j’entrerai, je rendrai grâce au Seigneur ; c’est ici la porte du Seigneur qu’ils entrent les justes ! Je te rends grâce car tu m’as exaucé ! Tu es pour moi le Salut » (Ps 117,19-21).
Don Bruno
Paroisse