Notre Dame du Rocher

IIIᵉ DIMANCHE DE PÂQUES

IIIᵉ DIMANCHE DE PÂQUES

Frères et sœurs,

Nous avançons vers la Pentecôte, ce temps où l’Église se tient dans l’attente de l’Esprit Saint, en contemplant le Christ ressuscité. Aujourd’hui, voyons les pèlerins d’Emmaüs : deux hommes en marche, désorientés, accablés, enfermés dans leur propre compréhension des événements. Et pourtant, le Seigneur est là, à leurs côtés — mais ils ne le reconnaissent pas !

N’est-ce pas aussi notre situation ? Notre monde regorge de certitudes, d’analyses, de raisonnements solides en apparence. Les puissants prétendent savoir ce qui est juste, ce qu’il faut faire, chiffres et arguments à l’appui. Même les appels à la paix — y compris ceux du pape Léon XIV— peuvent être contestés, jugés irréalistes et naïfs. Mais il faut le dire clairement : la logique du Christ et de l’Esprit Saint dépasse infiniment la sagesse du monde.

Un Crucifié pour sauver l’humanité vaut bien toutes les polices du monde !

Encore faut-il avoir des yeux pour voir et un cœur pour comprendre, car ce message ne s’impose pas par la force. Il se révèle à ceux qui soupirent vers l’Esprit Saint, à ceux qui marchent dans la crainte de Dieu — cette crainte filiale qui ouvre à la vérité. Oui, le Père « jugera impartialement » ! Et cette vérité nous appelle à l’humilité. Les disciples d’Emmaüs entendent cette parole qui nous est aussi adressée :
« Esprits sans intelligence, lents à croire tout ce que les prophètes ont annoncé ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »

À partir de la Croix, douze pauvres hommes ont embrasé le monde. Non par la puissance, mais par la sainteté. Voilà ce qui manque aujourd’hui : non pas des stratégies, mais des saints.

Face aux défis inévitables de nos vies, face aux épreuves parfois accablantes, une seule voie demeure sûre : revenir au Christ, fidèlement, humblement, dans la conscience que le Père voit tout avec justice. C’est ainsi — et pas autrement — que naît en nous la vraie joie, celle qui vient des dons du Saint-Esprit. Faisons nôtre la prière des pèlerins jusqu'à la Pentecôte :
« Reste avec nous, Seigneur, car le soir approche et déjà le jour baisse. »

Demandons-Lui de rendre nos cœurs brûlants, de nous ouvrir à l’intelligence des Écritures et des événements. (En hébreu biblique, le mot « dabar » signifie à la fois « parole » et « événement »)

Frères et sœurs, contemplons le Christ ressuscité : ouvrons notre cœur et espérons être saints ! Ce n’est pas abstrait : la sainteté naît lorsque notre cœur se laisse saisir par la vérité divine et qu’il consent à se blottir dans les voies de Dieu, surtout lorsqu’elles nous déroutent : Notre nuit deviendra lumière du monde !

Don François-Xavier

Publié le 17/04/2026