
Frères et sœurs,
Nous avançons vers la Pentecôte, ce temps où l’Église se tient dans l’attente de l’Esprit Saint, en contemplant le Christ ressuscité. Aujourd’hui, voyons les pèlerins d’Emmaüs : deux hommes en marche, désorientés, accablés, enfermés dans leur propre compréhension des événements. Et pourtant, le Seigneur est là, à leurs côtés — mais ils ne le reconnaissent pas !
N’est-ce pas aussi notre situation ? Notre monde regorge de certitudes, d’analyses, de raisonnements solides en apparence. Les puissants prétendent savoir ce qui est juste, ce qu’il faut faire, chiffres et arguments à l’appui. Même les appels à la paix — y compris ceux du pape Léon XIV— peuvent être contestés, jugés irréalistes et naïfs. Mais il faut le dire clairement : la logique du Christ et de l’Esprit Saint dépasse infiniment la sagesse du monde.
Un Crucifié pour sauver l’humanité vaut bien toutes les polices du monde !
Encore faut-il avoir des yeux pour voir et un cœur pour comprendre, car ce message ne s’impose pas par la force. Il se révèle à ceux qui soupirent vers l’Esprit Saint, à ceux qui marchent dans la crainte de Dieu — cette crainte filiale qui ouvre à la vérité. Oui, le Père « jugera impartialement » ! Et cette vérité nous appelle à l’humilité. Les disciples d’Emmaüs entendent cette parole qui nous est aussi adressée :
« Esprits sans intelligence, lents à croire tout ce que les prophètes ont annoncé ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »
À partir de la Croix, douze pauvres hommes ont embrasé le monde. Non par la puissance, mais par la sainteté. Voilà ce qui manque aujourd’hui : non pas des stratégies, mais des saints.
Face aux défis inévitables de nos vies, face aux épreuves parfois accablantes, une seule voie demeure sûre : revenir au Christ, fidèlement, humblement, dans la conscience que le Père voit tout avec justice. C’est ainsi — et pas autrement — que naît en nous la vraie joie, celle qui vient des dons du Saint-Esprit. Faisons nôtre la prière des pèlerins jusqu'à la Pentecôte :
« Reste avec nous, Seigneur, car le soir approche et déjà le jour baisse. »
Demandons-Lui de rendre nos cœurs brûlants, de nous ouvrir à l’intelligence des Écritures et des événements. (En hébreu biblique, le mot « dabar » signifie à la fois « parole » et « événement »)
Frères et sœurs, contemplons le Christ ressuscité : ouvrons notre cœur et espérons être saints ! Ce n’est pas abstrait : la sainteté naît lorsque notre cœur se laisse saisir par la vérité divine et qu’il consent à se blottir dans les voies de Dieu, surtout lorsqu’elles nous déroutent : Notre nuit deviendra lumière du monde !
Don François-Xavier
Paroisse