Notre Dame du Rocher

La Divine Miséricorde

La Divine Miséricorde

Ce dimanche, l’Église célèbre la fête de la Miséricorde divine, instituée par Jean-Paul II lors de la canonisation de sainte Faustine Kowalska. L’ancienne liturgie appelait ce jour le dimanche in albis, lorsque les nouveaux baptisés déposaient la robe blanche reçue dans la nuit de Pâques. Mais ce n’est pas seulement un vêtement que l’on quitte : c’est une vie qui commence, plongée dans la lumière du Ressuscité, dans la miséricorde de Dieu.

Au cœur de cette solennité se tient une figure qui nous ressemble : Thomas l’Apôtre. Thomas n’est pas simplement le sceptique ; il est notre jumeau d’existence, celui qui refuse une foi de seconde main. Les disciples disent : « Nous avons vu le Seigneur. » Mais Thomas veut rencontrer le Ressuscité lui-même. Nous aussi, nous avons entendu cette annonce faite par l’Église, et pourtant, il nous arrive un jour de devoir rencontrer le Ressuscité personnellement.

Alors Jésus vient. Il traverse les portes closes du Cénacle et de nos cœurs : nos blessures, nos peurs, nos doutes. Il montre ses mains, son côté ouvert. Et là, il appelle Thomas — comme chacun de nous — à un saut dans le mystère de sa Miséricorde. Ce saut est vertigineux : c’est la folie de l’homme qui se jette tout entier en réponse à la folie de l’amour de Dieu.

Le Christ le répète trois fois : « La paix soit avec vous ! » C’est ce saut qui donne la paix véritable : celle de goûter l’amour insatiable de Dieu pour nous, celle de découvrir notre place dans le cœur brûlant de Dieu. Ce saut, c’est accepter la folie de l’amour de Dieu pour nous. C’est expérimenter la miséricorde divine, c’est consentir à ne pas tout comprendre, mais à laisser la grâce de Dieu nous éclairer sur ce qu’il est.

Alors Thomas, comme nous, se laisse rejoindre par le Christ, il se laisse atteindre. Il consent à faire sauter tous les verrous de son cœur. Il se jette à l’eau ! Son intelligence s’éclaire d’une lumière nouvelle qui le dépasse. Il reconnaît le Ressuscité, et de son cœur jaillit la plus belle confession de l’Évangile :
« Mon Seigneur et mon Dieu ! »

La Miséricorde divine nous appelle à ce même saut : passer de l’écoute à l’adhésion, de la peur à l’abandon, de la crainte à la foi, pour trouver dans le Cœur de Dieu, dans le Christ Ressuscité, dans l’Église, notre place. Vivre de l’amour de Dieu.

Don Vincent

Publié le 10/04/2026