
Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu
L’évangile de la résurrection de Lazare nous place devant un chemin de foi, marqué par un double mouvement repérable en saint Jean : passer du réalisme de la vie concrète à la lumière de la foi, et revenir de la foi vers une existence transformée par l’Espérance.
Tout commence dans une amitié réelle : Jésus est proche de Marthe, Marie et Lazare. Il partage leur vie, leurs peines, leurs larmes. Pourtant, de manière déconcertante, il tarde à venir. Lazare meurt. Ce délai, comme notre vie ici-bas, est une pédagogie au premier abord difficile : Jésus veut conduire ses amis et chacun de nous plus loin.
Marthe exprime une foi déjà réelle, mais encore incomplète : elle croit en la résurrection au dernier jour. Cette foi réelle, mais disons de catéchisme, est encore tournée vers un avenir lointain et au fond, incertain. Mais lorsqu’elle dit : « Oui, Seigneur, je crois », elle ouvre un espace nouveau. Alors Jésus peut révéler davantage : « Je suis la résurrection et la vie ».
Ainsi se dessine une circularité féconde : la foi permet de voir Dieu à l’œuvre dans le concret, et ce concret, à son tour, fait grandir la foi. La résurrection de Lazare n’est pas seulement un signe spectaculaire : elle révèle que Jésus donne déjà la vie de Dieu, par l’Esprit Saint. Cet Esprit est le principe de la vie nouvelle, celui qui nous arrache à la mort pour nous ouvrir à la vie éternelle. Ce mystère éclaire aussi les fêtes que nous venons de vivre et que nous allons célébrer. Saint Joseph, homme juste, a su faire confiance à l’action de l’Esprit Saint dans une situation humainement incompréhensible. Et l’Annonciation, que nous célébrerons le 25 mars, manifeste de manière décisive cette œuvre : Dieu se fait chair, Il entre concrètement dans notre histoire.
Comme le souligne saint Paul, nous faisons encore l’expérience de la faiblesse et de la mort. Mais si nous croyons en Jésus, nous recevons son Esprit, qui vivifie et transforme : la vie éternelle n’est plus une idée lointaine : elle commence déjà en nous.
« Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » Cette parole nous invite aujourd’hui à entrer dans une foi plus concrète, plus incarnée, où Dieu fait vivre dès maintenant et pour l’Éternité : demandons l’Esprit du Christ.
Don François-Xavier
Paroisse