
« Peser sur le Cœur de Dieu »
Le Carême commence par l’Évangile qui nous dit que l’Esprit pousse Jésus au désert pour mener le combat. Ce temps de conversion n’est pas d’abord l’œuvre de nos efforts, mais l’initiative de Dieu. Le Carême naît de l’Esprit, et il s’achèvera dans la lumière de la Pentecôte, lorsque l’Esprit sera répandu en nos cœurs.
L’Esprit conduisant Jésus au désert révèle ainsi l’obéissance du Fils. Saint Paul nous rappelle que, par son obéissance, le Christ répare la désobéissance d’Adam. Là où l’homme s’était fermé à Dieu, Jésus ouvre un chemin nouveau. Notre tâche n’est pas tant de « réussir » un Carême, que de communier au Christ pour vivre de l’Esprit Saint qui tourne notre cœur vers Dieu.
La pénitence chrétienne n’est pas une démonstration de force. Elle est un acte d’amour, initié par l’amour et finalisé par l’amour. Lorsque nous jeûnons, prions, partageons, nous vivons de Dieu. Nous consentons à ce que l’Esprit vienne purifier nos attachements et sanctifier nos cœurs. Cette pénitence amoureuse touche le cœur de Dieu : elle « pèse » sur lui, telle une supplication confiante.
Pensons à Abraham qui, fort de son obéissance de foi, ose intercéder pour son peuple. Pensons aussi à l’appel du prophète Joël, entendu mercredi : les prêtres pleurent entre le portail et l’autel, implorant la miséricorde pour eux-mêmes et le peuple. La pénitence devient alors intercession. Elle attire l’émotion de Dieu, elle ouvre un chemin de grâce.
Dans notre société impie souvent sans repères, sans foi ni loi, aux horizons obscurcis par la violence, l’individualisme, la méfiance, la peur, etc... ce retour déterminé vers Dieu n’est plus seulement une affaire privée. Il est une source de paix pour tous. Des cœurs convertis, une communauté qui revient à Dieu de tout son cœur devient lumière et espérance pour le monde.
Au désert, Jésus combat le diable avec les armes de la prière, du jeûne, de l’obéissance et de l’Écriture : que la Parole de Dieu soit notre guide. Que notre vigilance consiste à faire place nette, afin que l’Esprit Saint trouve en nous un espace libre. Alors, de ce Carême vécu dans l’amour, jailliront les grâces nécessaires pour nos vies et pour notre société.
Don François-Xavier
Paroisse