Notre Dame du Rocher

IIIᵉ DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

IIIᵉ DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Chers frères et sœurs,

L’Évangile est clair : Jésus entre dans une terre de ténèbres, et là, une lumière se lève. Et aussitôt, il tranche :
« Convertissez-vous. Le Royaume des Cieux est tout proche. »
Pas de préambule. Pas de discours mou. Un appel net.

Aujourd’hui, les ténèbres n’ont pas disparu. Elles ont changé de forme. Elles clignotent. Elles vibrent. Elles tiennent dans la poche. Nous vivons sur les rives d’un immense lac numérique. Nous jetons nos filets toute la journée — écrans, notifications, débats stériles — et bien souvent, nous ne remontons rien. Du bruit. De la fatigue. Du vide.

Dans nos familles, chacun est là… mais ailleurs. On scrolle, on répond, on s’énerve, on commente. On parle beaucoup, on s’écoute peu. La relation s’étiole. La prière s’éteint. Le silence devient suspect.

Et puis parfois, tout s’arrête. Plus de réseau. Plus de courant. D’abord l’agacement. Puis quelque chose d’étonnant : on relève la tête. La lumière du jour entre par la fenêtre. On redécouvre un fils, une épouse, un mari, une mère. On parle vraiment. On cuisine ensemble. On joue. On s’ennuie même. Et dans cet ennui, quelque chose renaît : le cœur.

C’est là que le Christ passe.

Car Jésus ne crie pas plus fort que le monde. Il attend que le bruit tombe. Son appel est simple, mais radical :
« Viens. Suis-moi. »
Encore faut-il être disponible pour l’entendre.

Les premiers disciples ont laissé leurs filets, leur barque, parfois leur père. Nous, qu’avons-nous à laisser ? Peut-être des habitudes qui nous tiennent occupés mais pas vivants. Connectés, mais pas libres.

Saint Carlo Acutis le disait sans détour :
« Tous naissent comme des originaux, mais beaucoup meurent comme des photocopies.»
La conversion, c’est refuser de vivre en mode automatique. C’est reprendre la main sur sa vie pour la remettre à Dieu.

En ce début d’année, osons une décision concrète : un jeûne numérique. Pas pour être tendance. Pas pour se donner bonne conscience. Mais pour redevenir disponibles.
Car dans le silence, la lumière se lève.
Et dans cette lumière, le Christ nous attend, aujourd’hui encore, pour nous dire :
« Viens, et suis-moi. »

don Vincent

Publié le 23/01/2026