L’Avent s’ouvre aujourd’hui comme une brèche de lumière dans un monde chargé de tensions. Les conflits, les actes de barbaries atroces qui sont passés sous silence parce que loin de nos préoccupations occidentales, les incertitudes politiques, les inquiétudes internationales semblent rappeler sans cesse que la paix est fragile, presque illusoire, utopique. Et pourtant, c’est précisément dans ce contexte que l’Église ose proclamer : le Christ vient ! Il vient non avec la force des puissants, mais avec la paix qui naît du cœur de Dieu, une paix qui veut régner d’abord en chacun de nous pour ensuite toucher le monde.
Saint Paul nous invite, en ce premier dimanche, à la conversion : « Rejetons les œuvres des ténèbres et revêtons-nous des armes de la lumière. » L’Apôtre ne nous demande pas d’abord d’observer ce qui ne va pas chez les autres, ni de pointer du doigt les faiblesses du monde. Il nous ramène à la source : notre propre cœur. Car c’est là que commence la vraie transformation. Tant que nous penserons que le mal est extérieur à nous, distant, que tout se jouerait dans les décisions des autres, nous passerons à côté de la venue du Seigneur. La conversion chrétienne est ce retournement humble qui reconnaît que Dieu peut régner dans ma vie si je lui laisse une place réelle.
Nous préparons la crèche dans nos maisons, dans nos églises. Peut-être cette année est-il temps de préparer surtout la crèche intérieure, celle que nul décor ne peut remplacer. Une crèche, c’est un lieu pauvre et dépouillé. C’est tout ce que Dieu demande pour venir : un accueil disponible, sincère, même imparfait, mais qui s’ouvre à la lumière de la vérité.
Dimanche dernier, la figure du mauvais larron nous rappelait l’attitude du consommateur spirituel, qui réclame des preuves, des miracles, des réponses immédiates, mais ne consent pas à se convertir. L’Avent, au contraire, nous invite à quitter ce réflexe : non pas exiger de Dieu qu’il intervienne selon nos vues, mais lui offrir un espace où il pourra vraiment naître. Ce que fit le bon larron.
Entrons donc dans ces quatre semaines avec un cœur simple. Que le Christ trouve en chacun de nous ce modeste abri où sa paix pourra d’abord prendre chair, afin de rayonner en imparfait mais authentique chrétien dans notre monde qui en a tant besoin.