EDITO - 24ᵉ DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Chers frères et sœurs,
« Le Christ est le Seigneur des morts et des vivants. » Nous appartenons au Christ. Chacun d’entre nous, mais aussi toute la création, tout ce qui existe appartient au Christ. Voilà ce que saint Paul nous rappelle aujourd’hui.
Et si nous appartenons au Christ, s’il est notre Seigneur, alors, comme nous le dit l’Évangile, nous avons des comptes à rendre : « Le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. »
Nous n’aimons pas beaucoup entendre cela ! Nous n’aimons pas devoir rendre des comptes. Nous avons parfois l’impression que cela vient limiter notre liberté, nous rendre dépendants. Et pourtant, puisque nous sommes créés, puisque c’est le Seigneur qui nous donne la vie et nous maintient dans l’existence, il est normal que nous ayons à lui rendre compte de ce que nous faisons de cette vie.
Mais attention : ce n’est pas suivant la logique humaine que nous devons le faire, mais suivant la logique divine. Et cela change tout.
Dieu n’est pas un Seigneur dominateur et calculateur. Il ne tient pas un grand livre de comptes dans lequel seraient additionnés nos bons et nos mauvais points afin de nous récompenser ou de nous châtier en conséquence. Par contre, le Seigneur nous demande une vraie cohérence de vie.
Si nous voulons être pardonnés, il nous faut apprendre à notre tour à pardonner. Si nous voulons être accueillis par Lui, il nous faut apprendre à accueillir. Si nous voulons que le Seigneur prenne soin de nos blessures, il nous faut apprendre, nous aussi, à prendre soin de celles des autres.
Et c’est bien de cela que nous aurons à rendre compte au Seigneur : de notre manière d’avoir aimé, pardonné, accueilli, pris soin de ceux qu’Il a placés sur notre route. Peu à peu, pas à pas, avec sa grâce, apprenons donc à vivre de cette miséricorde que nous recevons nous-mêmes de Lui.
Don Séverin