EDITO - 20ᵉ DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

EDITO - 20ᵉ DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Dimanche dernier, Pierre nous apprenait à garder les yeux fixés sur le Christ au milieu de la tempête. Aujourd’hui, une femme étrangère, une Cananéenne, nous enseigne jusqu’où peut aller cette confiance : jusqu’à l’audace de l’humilité. Jusqu’alors, Jésus avait envoyé ses Apôtres vers « les brebis perdues de la maison d’Israël ». Mais déjà Isaïe annonçait que les étrangers seraient conduits à la montagne sainte, car la maison du Seigneur serait « une maison de prière pour tous les peuples ». Avec la Cananéenne se dessine cette ouverture catholique, universelle du salut.

L’élection d’Israël n’est pas abolie : elle reste nécessaire au dessein de Dieu : c’est de ce peuple que le Christ a voulu naître. Saint Paul le rappelle avec force. Mais l’élection, la vocation, n’est pas un privilège que l’on pourrait opposer aux autres : elle est au service d’une miséricorde destinée à tous. «Dieu a enfermé tous les hommes dans le refus de croire pour faire à tous miséricorde.» Ce « refus de croire » traduit le grec apeitheia, également « désobéissance ». Il y a là quelque chose de très ancien : depuis le jardin d’Éden, le démon murmure à l’homme de ne plus faire confiance à Dieu. Adam et Ève désobéissent parce qu’ils ont d’abord laissé entrer le doute sur la bonté et la vérité de Dieu.

La Cananéenne fait exactement le chemin inverse. Elle croit assez en Jésus pour accepter de ne rien revendiquer. À l’heure du « j’ai droit à… », quelle parole déroutante que la sienne ! Elle accepte même l’image rude des petits chiens et répond, en quelque sorte : je ne réclame aucun droit, Seigneur ; une miette me suffit. Et cette humilité bouleverse tout : « Femme, grande est ta foi ! » À distance, sa fille est délivrée du démon. La foi humble ouvre à la puissance du salut.

Au lendemain de l’Assomption, comment ne pas penser aussi à Lourdes ? Marie s’y révèle à Bernadette comme « l’Immaculée Conception ». Bernadette n’a ni puissance ni démonstration à imposer : elle témoignera simplement de ce qu’elle a reçu. « Je ne suis pas chargée de vous faire croire, mais de vous le dire ». La foi demeure cette réponse libre et humble à Dieu qui se révèle.

Enfin j’aimerais aussi vous dire merci. Après six années à Biarritz, je rejoins la paroisse de Sénart. Merci pour tout ce que vous m’avez permis de recevoir et d’apprendre dans mes premiers pas de ministère ; merci pour vos innombrables attentions, vos cadeaux, et surtout pour les témoignages de gratitude qui m’ont profondément touché. Je pars en vous portant dans mon jeune cœur de prêtre vers d’autres horizons, dans la joie de vous avoir au moins un peu montré le chemin du Ciel !

 Don François-Xavier