EDITO - 19ᵉ DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

EDITO - 19ᵉ DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

A voir les différentes actualités, notre monde ressemble souvent à la barque des disciples : balloté par les vents contraires, secoué par les vagues de l'inquiétude, traversé par les doutes et les divisions. Il arrive même que le Christ nous semble absent, comme si la nuit n'en finissait plus. Pourtant, la liturgie de ce dimanche nous invite à lever les yeux et à retrouver le chemin de la confiance.

Avant d'aller rejoindre ses disciples sur les eaux, Jésus gravit la montagne pour prier, seul. Ce détail n'est pas anodin. Il fait écho au prophète Élie qui, lui aussi, se tient sur la montagne pour rencontrer le Seigneur. Mais Dieu ne se manifeste ni dans l'ouragan, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu. Il vient dans « le murmure d'une brise légère ». C'est là toute l'école de la contemplation, si chère à la tradition carmélitaine : apprendre à reconnaître Dieu dans le silence, lorsque tout semble dire son absence.

Le psaume répond alors comme une promesse : « Ce que dit le Seigneur, c'est la paix pour son peuple. » La paix de Dieu n'est pas l'absence de tempête ; elle est sa présence fidèle au cœur même de l'épreuve.

Notre époque ressemble parfois à cette longue fin de nuit dont parle l'Évangile. Les épreuves semblent interminables. Saint Jean de la Croix évoquait cette « nuit de l'esprit » où Dieu paraît s'être retiré pour purifier notre foi. C'est souvent dans ces heures obscures que surgissent les peurs, les faux repères, les rumeurs et les illusions qui brouillent notre discernement. À l'image des disciples, nous finissons par prendre le Sauveur pour un fantôme, à force d’être centrés sur nos propres capacités de discernement.

Alors le Christ nous rejoint avec ces mots : « Confiance ! C'est moi ; n'ayez plus peur ! » Saint Pierre se jette à l’eau. Tant qu'il garde les yeux fixés sur Jésus, il avance. Mais lorsqu'il regarde le vent et ses propres pieds, il s'enfonce à l’image de notre monde...

Voilà sans doute le remède dont nous avons tant besoin : retrouver la contemplation pour garder les yeux fixés sur le Christ : la fin de la nuit est déjà commencée. Le Seigneur est là. Il tend la main. À nous d'oser lui faire confiance, allons vers Lui au creux des flots déchainés ! Ainsi nous retrouvons la confiance et la Joie d’être sauvés !

Don François-Xavier