Edito - XIVᵉ DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Edito - XIVᵉ DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

Dans notre culture occidentale, le cœur est spontanément associé au monde des sentiments et des émotions. Dans l'Écriture, il désigne bien davantage : il est le lieu de l'intériorité la plus profonde, le sanctuaire où se révèle la vérité de la personne, le centre où se prennent les décisions et où l'homme rencontre son Dieu. C'est ce « saint des saints » du temple intérieur dont parle saint Paul lorsqu'il écrit : « Ne le savez-vous pas ? Votre corps est un sanctuaire de l'Esprit Saint, lui qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu » (1 Co 6,19). Or, ce qui est demandé au disciple trouve sa source dans ce qui est vécu par le Christ lui-même. L'Évangile de ce dimanche nous fait pénétrer dans l'un de ces moments privilégiés où Jésus laisse entrevoir son intimité. Nous sommes introduits au plus profond de son cœur humain et de son mystère divin. Jésus s'y révèle comme le Fils vivant dans un dialogue incessant avec son Père, « le Seigneur du ciel et de la terre ». Il nous dévoile un Père qui choisit de révéler ses mystères aux petits plutôt qu'aux sages et aux puissants. Le Fils lui-même a emprunté ce chemin d'humilité en prenant « la condition de serviteur » et « la dernière place » (cf. Ph 2,5-8). C'est pourquoi tous ceux qui peinent et ploient sous le poids du fardeau peuvent trouver auprès de lui le repos, la paix et la douceur. « Dieu est amour », écrit saint Jean (1 Jn 4,16-21), et dans le Christ cet amour devient proche, visible et accessible à tous, plus particulièrement aux plus petits et aux plus éprouvés. Mais cet amour ne se contente pas d'accueillir et de consoler. Il se donne jusqu'à l'extrême, jusqu'à offrir sa vie pour ceux-là mêmes qui le rejettent. Par sa Croix, le chemin vers le Père demeure ouvert à tout homme qui consent, à l'exemple du bon larron, de la Samaritaine ou de tant d'autres figures de l'Évangile, à entrer dans un véritable cœur à cœur avec le Christ. Cette fidélité de Dieu ne connaît pas de défaillance. Par la voix du prophète Isaïe, il nous assure : « Une femme peut-elle oublier son nourrisson, ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ? Même si elle l'oubliait, moi, je ne t'oublierai pas, car je t'ai gravée sur les paumes de mes mains (Is 49,15-16). »

C'est dans cette confiance que notre communauté paroissiale accueille aujourd'hui Don Séverin. Nous l'avons connu comme diacre stagiaire ; nous le recevons désormais comme prêtre, tout récemment configuré au Christ, Bon Pasteur, par le sacrement de l'Ordre. Nous rendons grâce pour ce don que le Seigneur fait à son Église et nous prions afin que son ministère soit toujours le reflet du Cœur du Christ, humble, doux et miséricordieux. Nous faisons nôtre cette promesse du prophète Jérémie : « Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur : ils vous conduiront avec savoir et intelligence (Jr 3,15). » Puisse Don Séverin, en demeurant chaque jour à l'école du Cœur de Jésus, conduire le peuple qui lui est confié vers cette rencontre vivifiante avec le Père, où tout homme trouve enfin le repos auquel il aspire.

Don Bruno