EDITO - 12ᵉ DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

EDITO - 12ᵉ DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

« Ne craignez pas les hommes ! »

Si le « Soyez donc sans crainte » de Jésus est vraiment beau et rassurant, reconnaissons que nous craignons souvent le jugement des hommes : être catalogués, exclus, moqués ou simplement considérés comme dépassés. Alors nous composons avec l’esprit du monde. Nous en adoptons les codes, parfois au prix de la vérité. Ainsi nous faisons le jeu de Babel (image reprise par Léon XIV dans Magnifica Humanitas) : je construis un monde performant, existentiellement sans Dieu, où la fragilité humaine n’a pas officiellement sa place.

Jésus nous invite pourtant à une autre crainte, salutaire celle-ci : non pas celle qui paralyse, mais celle qui replace Dieu au centre de notre vie. Car ce qui peut perdre l'homme n'est pas d'abord l'opposition du monde, mais l'éloignement progressif du Seigneur. Derrière certaines logiques qui banalisent le mal, transgressent la loi morale ou tournent en dérision le sacré (comme nous pouvons le voir de plus en plus dans certaines églises ou événement populaires), l'Écriture nous rappelle qu'il existe aussi un combat spirituel contre celui qui peut perdre nos âmes dans la géhenne : le démon. Croyance moquée, notre époque préfère souvent l'ignorer ; cela ne le fait pas disparaître...

Mais avant tout, l'Évangile nous appelle à notre propre cohérence. Il est facile de dénoncer les dérives du monde tout en vivant soi-même un christianisme à géométrie variable : quand ça m’arrange, je suis fidèle. Pourtant, « rien n'est voilé qui ne sera dévoilé ». Cette lumière ne doit pas nous faire peur, mais nous inviter à l’humilité : loin d’un misérabilisme maladif, il s’agit de l’audace de vivre dans la confiance de la miséricorde, laissant l’Esprit Saint nous éclairer de sa juste lumière.

Au lendemain de l'ordination sacerdotale de don Séverin, nous recevons par lui un signe d'espérance. Sa réponse à l'appel du Christ signifie se déclarer pour lui devant les hommes et il manifeste au monde sa confiance dans le fait que « même les cheveux de sa tête sont tous comptés ». Que son engagement nous encourage à faire de même, chacun selon notre vocation. Car le Seigneur ne nous demande pas d'abord de réussir dans le monde, mais de lui rendre témoignage avec joyeuse fidélité.

Don François-Xavier