EDITO - LE SAINT SACREMENT DU CORPS ET DU SANG DU CHRIST

Quelle drôle de messe !
Aujourd'hui, c'est dimanche. Le Jour du Seigneur. Mon application me rappelle que c'est aussi la fête du Saint-Sacrement, la Fête-Dieu. Tiens... pourquoi pas ?
Comme d'habitude, je quitte mon lit à la dernière minute pour espérer arriver à l'église, la chocolatine encore dans le bec, au moins avant l'Évangile. Parce qu'on m'a toujours dit que si j'arrive après, je ne peux pas communier. C'est drôle quand même. Quand je vais au cinéma ou au théâtre, j'essaie toujours d'être à l'heure. Sinon, je ne comprends rien à l'histoire…
Oui, mais le Seigneur est bon ! Si je ne le suis pas pour Lui, Lui l'est toujours pour moi. Et puis, ce n'est pas ce grincheux de curé qui va me faire la morale... De toute façon, s'il vient me faire une remarque sur mon retard, je sortirai une de ces bonnes vieilles excuses qui marchent à tous les coups. Celles qu'on ne peut pas contester.
Et dire que le Bon Dieu me regarde ! Que pense-t-Il de moi ?
J'arrive dans l'église. Ouf ! C'est le psaume. Je pourrai communier.
Tiens, elle est belle cette assemblée aujourd'hui ! Certains se sont mis sur leur 31, comme s'ils allaient rencontrer le roi Charles III ! Ce n'est pas moi qui me suis plié en quatre aujourd'hui pour Toi, Seigneur. En même temps, au boulot, je suis tiré à quatre épingles tous les jours de la semaine. Hier soir encore, pour le mariage de Charlotte et de Guillaume, j'étais en pingouin. Alors, si le dimanche on ne peut même plus s'habiller à la cool... Après tout, je ne suis pas un bigot et le Seigneur se fiche bien de nos habits ! Ça se saurait... Le Bon Dieu n'est pas Charles III... Non... Il est bien plus,... infiniment plus,... Il est mon Seigneur et mon Dieu, le Roi des rois... Alors, en effet, peut-être que...
Mince ! Mon portable ! Je l'avais oublié, celui-là. C'est qui ? Caroline... Allez, je décroche : « — Attends, je te rappelle plus tard, je suis à la messe... »
Qu'est-ce qu'ils ont tous à me regarder comme ça ! Oui, ça va... je sais, c'est l'église, c'est la messe ! Mais là, c'était ma sœur et c'était important ! En plus, je suis sûr que ça dérange moins le prêtre qui prêche que les hurlements des petits enfants ! En plus, je suis sûr qu'il n'a rien entendu ni vu !En même temps, je ne suis pas comme cette vieille qui laisse son téléphone sonner dans le TGV et dérange tout le monde... C'est vrai, je ne suis pas dans le train... Je suis à l'église... dans la maison de Dieu. Décidément... Je ne respecte pas grand-chose.
D'ailleurs, en parlant de vieille... elle est gonflée, celle-là ! Lâche rien, son portable sonne pendant la consécration. Je ne vais quand même pas lui expliquer comment mettre son portable en mode silencieux. D'abord, elle ne va rien comprendre et ce sera encore pire ! Allez ! Encore une sonnerie ! Et encore une autre ! Au moins, ça remplace les clochettes... Finalement, mon coup de fil, ce n'était rien comparé à ça !
Je ne sais vraiment pas comment le prêtre reste concentré avec tout ça... Moi, je ne le suis plus du tout, comme les autres d'ailleurs, qui cherchent du regard d'où vient le bruit intempestif. Ce bruit du quotidien. Ce bruit qui sonne, qui appelle, qui réclame, qui poursuit. Ce bruit qui nous pourchasse jusque dans l'église. Il n'y a donc plus de lieu sacré ?... Ça me va bien de dire cela alors que j'ai moi-même répondu pendant la messe... Quelle hypocrisie ! La prochaine fois, tu te tais ! Tu laisses faire... Et dire que je le laisse silencieux en réunion, au théâtre... Mais ici, pour mon Dieu, pour mon Sauveur... non, je ne le fais pas ! Je ne respecte même pas ce moment où Dieu se rend présent à l'autel. Ce moment où le Christ habite le prêtre pour actualiser le sacrifice de la Croix. Ce moment où le Pain du Ciel m'est donné. Là, à cet instant, je ne suis même pas capable de couper, quelques minutes, les liens d'un monde qui me poursuit sans relâche.
Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite
Aujourd'hui, c'est dimanche. Le Jour du Seigneur. Mon application me rappelle que c'est aussi la fête du Saint-Sacrement, la Fête-Dieu. Tiens... pourquoi pas ?
Comme d'habitude, je quitte mon lit à la dernière minute pour espérer arriver à l'église, la chocolatine encore dans le bec, au moins avant l'Évangile. Parce qu'on m'a toujours dit que si j'arrive après, je ne peux pas communier. C'est drôle quand même. Quand je vais au cinéma ou au théâtre, j'essaie toujours d'être à l'heure. Sinon, je ne comprends rien à l'histoire…
Oui, mais le Seigneur est bon ! Si je ne le suis pas pour Lui, Lui l'est toujours pour moi. Et puis, ce n'est pas ce grincheux de curé qui va me faire la morale... De toute façon, s'il vient me faire une remarque sur mon retard, je sortirai une de ces bonnes vieilles excuses qui marchent à tous les coups. Celles qu'on ne peut pas contester.
Et dire que le Bon Dieu me regarde ! Que pense-t-Il de moi ?
J'arrive dans l'église. Ouf ! C'est le psaume. Je pourrai communier.
Tiens, elle est belle cette assemblée aujourd'hui ! Certains se sont mis sur leur 31, comme s'ils allaient rencontrer le roi Charles III ! Ce n'est pas moi qui me suis plié en quatre aujourd'hui pour Toi, Seigneur. En même temps, au boulot, je suis tiré à quatre épingles tous les jours de la semaine. Hier soir encore, pour le mariage de Charlotte et de Guillaume, j'étais en pingouin. Alors, si le dimanche on ne peut même plus s'habiller à la cool... Après tout, je ne suis pas un bigot et le Seigneur se fiche bien de nos habits ! Ça se saurait... Le Bon Dieu n'est pas Charles III... Non... Il est bien plus,... infiniment plus,... Il est mon Seigneur et mon Dieu, le Roi des rois... Alors, en effet, peut-être que...
Mince ! Mon portable ! Je l'avais oublié, celui-là. C'est qui ? Caroline... Allez, je décroche : « — Attends, je te rappelle plus tard, je suis à la messe... »
Qu'est-ce qu'ils ont tous à me regarder comme ça ! Oui, ça va... je sais, c'est l'église, c'est la messe ! Mais là, c'était ma sœur et c'était important ! En plus, je suis sûr que ça dérange moins le prêtre qui prêche que les hurlements des petits enfants ! En plus, je suis sûr qu'il n'a rien entendu ni vu !En même temps, je ne suis pas comme cette vieille qui laisse son téléphone sonner dans le TGV et dérange tout le monde... C'est vrai, je ne suis pas dans le train... Je suis à l'église... dans la maison de Dieu. Décidément... Je ne respecte pas grand-chose.
D'ailleurs, en parlant de vieille... elle est gonflée, celle-là ! Lâche rien, son portable sonne pendant la consécration. Je ne vais quand même pas lui expliquer comment mettre son portable en mode silencieux. D'abord, elle ne va rien comprendre et ce sera encore pire ! Allez ! Encore une sonnerie ! Et encore une autre ! Au moins, ça remplace les clochettes... Finalement, mon coup de fil, ce n'était rien comparé à ça !
Je ne sais vraiment pas comment le prêtre reste concentré avec tout ça... Moi, je ne le suis plus du tout, comme les autres d'ailleurs, qui cherchent du regard d'où vient le bruit intempestif. Ce bruit du quotidien. Ce bruit qui sonne, qui appelle, qui réclame, qui poursuit. Ce bruit qui nous pourchasse jusque dans l'église. Il n'y a donc plus de lieu sacré ?... Ça me va bien de dire cela alors que j'ai moi-même répondu pendant la messe... Quelle hypocrisie ! La prochaine fois, tu te tais ! Tu laisses faire... Et dire que je le laisse silencieux en réunion, au théâtre... Mais ici, pour mon Dieu, pour mon Sauveur... non, je ne le fais pas ! Je ne respecte même pas ce moment où Dieu se rend présent à l'autel. Ce moment où le Christ habite le prêtre pour actualiser le sacrifice de la Croix. Ce moment où le Pain du Ciel m'est donné. Là, à cet instant, je ne suis même pas capable de couper, quelques minutes, les liens d'un monde qui me poursuit sans relâche.
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